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Les situations de risques et d'extase (en allemand «Rausch») font l'objet d'une approche ambivalente dans notre société. Si leurs dangers pour la santé et la stabilité sont pointés du doigt, certains acteurs politiques, économiques ou sociaux les utilisent néanmoins insidieusement à leurs fins. Dans le domaine des loisirs extrêmes par exemple, des slogans commerciaux tels que «No risk, no fun !» peuvent inciter des personnes à prendre inconsidérément des risques. Risque et extase font également l'objet de tabous dans notre société : la communication entre pairs ou entre générations à ce sujet demeure très limitée. Enfin, les mesures répressives n'ont généralement qu'un effet à court terme et les approches préventives visent prioritairement l'empêchement de dépendances et la promotion de la santé.
Or, l'anthropologie et l'étude historique des civilisations montrent que les besoins de dépasser ses limites pour atteindre des formes d'extase et d'expérimenter des situations à risques sont ontologiquement humains. Dans une optique de bien-être et de développement personnel, il nous semble important de ne pas diaboliser ces phénomènes mais de les appréhender différemment. En nous appuyant sur l'approche pédagogique Risflecting©, nous développons une gestion réflexive des situations d'extase et de risques auxquels des individus, en particulier des jeunes, sont fréquemment confrontés. Notre travail dans le domaine de l'éducation au risque vise ainsi les objectifs suivants :
Sensibiliser à la prise de décision :
Identifier avec les participants diverses situations à risques conduisant à des états d'extase, et surtout d'évaluer le processus même de la prise de décision qui conduit à la prise de risques. Si l'on pense en premier lieu à la consommation de drogues, légales et illégales, il faut aussi prendre en compte tout comportement comme la pratique du sport ou des loisirs «extrêmes», et même le travail, qui chez certains provoquent des comportements addictogènes et susceptibles d'engendrer une assuétude.
Appréhender consciemment les situations extra-quotidiennes :
La consommation rapide recherchant l'extraordinaire dans la vie quotidienne est impossible et malsaine, mais c'est pourtant un idéal que semblent vouloir diffuser certains médias... Il s'agit en l'occurrence d'inculquer des façons de vivre plus consciemment des situations «extra-ordinaires » afin de favoriser, par la réflexion (avant et après de telles situations) et par la communication, le transfert de ces expériences dans la vie quotidienne.
Développer une culture du risque :
Amener les participants à se confronter consciemment avec leurs propres expériences à risques, à identifier leurs repères et leurs comportements réflexifs lors de ces expériences, afin d'initier chez eux une certaine «culture du risque».
Apprendre à optimiser les risques :
Réfléchir enfin à des stratégies réflexives pour appréhender les situations d'extase et de dépassement de soi, de façon à en optimiser les risques si l'on s'y trouve à nouveau confronté.
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